Et si la plupart des maux que nous rencontrons étaient en vérité liés à la seule vérité de l’esprit ? Esprit, qui, ne trouvant pas sa place en ce monde, s’enfermerait, se noierait et petit à petit se tuerait, étant alors incapable de redresser le Zheng Qi (Qi sain) et d’éliminer le Si Qi (Qi pervers ou pathogène). L’esprit est la brillance Yang par excellence, et le Yang n’est rien d’autre que la préservation et la protection du corps comme de l’énergie. Si l’esprit est malade, le corps entier le devient, si l’esprit est en bonne santé, le corps entier le reste. Il est l’assurance de la libre circulation du Qi comme du Sang, de l’épanouissement des desseins des Organes comme des Entrailles, de l’harmonie des 12 méridiens et de la longévité du corps. C’est par la Joie qu’il s’illumine, un état stable et durable où se mêlent sérénité, liberté et vérité, loin de tout plaisir éphémère ou euphorie inconstante.
Mais alors, comment atteindre cette Joie pour faire rayonner l’Esprit ? Quel est le chemin spirituel à suivre pour parvenir à cette réalité ? Ébauches de réponses.
Les 7 émotions, ou plutôt le fléau des maux et souffrances aussi bien externe qu’interne, aussi bien psychique que physique. Si elles font partie des facteurs internes des maladies en médecine chinoise, elles sont aujourd’hui, sans aucun doute, l’une des premières causes des déséquilibres et désagréments que nous rencontrons.
La Colère, la frustration, l’agacement, la résistance aux choses naturelles que nous rencontrons … Cela blesse le Foie, la vésicule biliaire, le Sang et noue le Qi, pouvant alors engendrer des troubles digestifs, des remontées gastriques, des fibromes, des endométrioses, des migraines et des insomnies.
La Tristesse, la mélancolie… Cela blesse les Poumons, l’immunité, la peau et les cheveux, pouvant alors engendrer calvitie, psoriasis, eczéma, dermatose, herpès, allergie et rhume à répétition.
La Peur, l’angoisse, l’anxiété, le stresse … Cela blesse les Reins et la Voie de l’Eau, pouvant alors engendrer de l’arthrose, des troubles thyroïdiens, du diabète ou encore de la dépression.
La Joie est salvatrice ! Mais l’euphorie dissipe aussi bien le Qi que le Sang, engendrant alors la folie aussi bien que des troubles neurologiques et cérébraux sur le long terme, en passant par les plus simples comme certains oubli, en allant aux plus complexes comme parkinson ou alzheimer.
La Rumination, les pensées excessives, tourner autour d’un problème sans savoir cesser, la réflexion à répétition … Cela blesse la Rate, l’Estomac, la capacité de transformation les aliments en nutriments, les expériences en sagesses.
Des troubles digestifs et métaboliques apparaissent alors, que ça soit troubles du comportement alimentaire, surpoids ou anorexie, insomnie, diabète, maux de tête et autres.
Enfin, l’effroi et le souci sont tout aussi ravageuses, et si les maux abordés ici sont typiquement physiologiques, le désastre engendré par les émotions peuvent tout autant être psychique.
Mais, ces émotions sont-elles vraiment un fléau ? Si elles sont mal régulées, elles sont alors tel le vent d’une tempête : détruisant l’existence alors qu’il était censé l’offrir. Mais si elles sont correctement orientées et comprises, elles deviennent une source de vie comme le vent printanier à la fois doux et salvateur. Apprendre à gérer nos émotions est alors une clé non négociable pour une santé pérenne et un bien être quotidien.
Comprendre d’où elles proviennent est alors la première étape importante.
La perception de soi même, des autres et du monde est ce qui génère nos émotions. Apprendre à percevoir avec plus de confiance, de sagesse, de clairvoyance et d’acceptation s’avère alors essentiel pour générer des émotions profitables et non destructrices.
Le renoncement et l’acceptation, deux règles indispensables à l’épanouissement de l’esprit. En effet, certaines choses qui font partie de notre vie entravent totalement ou partiellement la possibilité d’être nous mêmes. Des choix, des personnes, un cycle de vie ou simplement des activités qui épuisent notre Souffle, enferment notre Esprit et assombrissent notre Essence. Des choses qui nous alourdissent tout simplement parce qu’elles ne font pas partie de notre Voie, de ce que nous devons être autant que ce que nous devons accomplir. L’Esprit est en correspondance avec le Ciel, il souhaite être léger, libre et voler, l’alourdir est donc le premier piège et cela provient principalement d’avoir dans nos vies ce qui ne doit pas en faire partie.
Entrer en introspection pour être réceptif à ce qui nous rend triste, frustré, anxieux ou en colère est donc la première étape décisive.
Elle nous permettra de cibler « l’ennemi » pour au final s’en alléger en l’enrayant de notre vie soit brutalement si cela est possible, soit petit à petit.
La réceptivité est la clé de cette étape, et elle devra vous suivre tout au long de votre chemin car elle saura vous indiquer ce qui est bon de ce qui est mauvais dans votre Voie et dans l’épanouissement du « Soi ». Celui qui est plus proche de nous même que nous même, ou plutôt plus proche de nous même que ce qu’on a imaginé être. Il faudra bien souvent, dans l’attention que notre esprit occupe, revenir à l’Interne et se détacher de l’Externe. Car le Soi n’est ni un acte ni un projet d’entreprise, mais il est bel et bien un Mystère Caché enfoui au plus profond de nous même.
Si par le renoncement la légèreté de l’Esprit commence, c’est par l’acceptation que l’épanouissement peut se vivre.
L’acceptation de ce que nous réellement, de ce pourquoi nous sommes faits et de ce que nous devons faire, mais, impossible du savoir tant que le joyau de notre essence est encore trop caché derrière des tas de gravats et de pierres dont on voudrait se débarrasser. C’est pour cette raison qu’il n’y a pas d’acceptation sans connaissance et qu’il n’y a pas de connaissance sans renoncement.
Il s’agira alors de savoir ce qui se cache au plus profond de nous mêmes, au-delà même de ce que nos cinq sens peuvent percevoir, au-delà des limites que l’on nous a inculqué, au-delà des formes de vie que nous avons pu prendre. C’est alors que se dévoilera la raison même de votre existence et que commencera votre réelle implication dans la Voie. Y parvenir, c’est pratiquer le non agir.
Si le chemin spirituel est long, il en vaut la chandelle ! Sans lui, ni réalisation de ce que pourquoi nous sommes faits, ni Joie, ni santé réellement réalisable. Mais si les notions de renoncement et d’acceptation sont véridiques, d’autres bien importantes viennent s’y ajouter. Comment apprendre à gérer et harmoniser ses émotions pour en faire une force et non un facteur de souffrance ? Qu’est-ce que le « non agir » et comment l’incarner au quotidien ? Comment définir la paix de l’Esprit et comment l’atteindre ? La perception que nous avons de nous mêmes, des autres et du monde est-elle vraie ou est-elle en fait la cause de nos maux ? Des questions auxquels il convient de répondre pour améliorer aussi bien son quotidien que sa vie même.